Mardi, 16 Octobre, 2018 - 09:52

Le Regroupement des associations de personnes traumatisées crâniocérébrales du Québec (RAPTCCQ) lance des capsules vidéo pour illustrer avec humour certaines manifestations mécomprises d’un état de santé souvent invisible.

Le Regroupement diffusera quatre mini-sketches d’ici la mi-octobre à raison d’un par semaine. Les mises en situation ont été conçues de concert avec des personnes ayant vécu un traumatisme craniocérébrales (TCC) et visent à sensibiliser les Québécois à la présence peu remarquée de ces personnes.

« Les gens ne nous comprennent pas vraiment […] On a l’air d’être les mêmes après un traumatisme crânien, mais on n’est pas pareil », fait valoir Sylvie, l’une des protagonistes des sketches de la campagne.

Selon le RAPTCCQ, quelque 13 000 personnes par an subissent un TCC au Québec. Un nouveau TCC survient aux 4 heures sur les routes. 65% des victimes ne retourneront pas au travail et beaucoup subiront le jugement, de même que les regards inquisiteurs de ceux qui ne verront ou ne comprendront pas leurs limitations.

Le TCC a plus de cent manifestations différentes, qui varient d’une personne à l’autre. Cela inclut des difficultés de concentration, d’apprentissage, d’attention, d’organisation des tâches et d’expression. On parle aussi d’un besoin de se concentrer en tout temps (ce qui cause de la fatigabilité), une perte de mémoire à court terme ou d’équilibre, une impulsivité, une désinhibition, des variations marquées de l'humeur, ainsi qu’une diminution d’initiative ou d'empathie.

Dans le sketch de Sylvie, celle-ci ajoute à répétition de la sauce forte dans ce qu’elle cuisine, car elle oublie sans cesse l’avoir déjà fait. En voyant ses enfants transpirer à grosses gouttes et s’abreuver d’eau, elle se frappe le front, comme si elle se souvenait. La phrase « Ah oui, c’est vrai, j’ai eu un traumatisme crânien! » apparaît alors à l’écran.

« J’ai de la misère à trier les choses, comme des papiers sur une table. Ou bien je place les choses pour mon chat un peu n’importe où. Les gens sans traumatisme crânien vont dire que c’est pourtant des choses faciles à faire, mais ça ne l’est pas pour moi », confie la « cuisinière ».

Dans une autre séquence, « Élianne » sort de chez elle sans s’être rincé les cheveux après un shampoing. « Des gens sans traumatisme crânien peuvent penser que des oublis du genre arrivent à tout le monde, mais pour quelqu’un avec un TCC, ça arrive plus souvent », exprime la protagoniste de la capsule.

L’Association

Élianne et Sylvie fréquentent l’Association québécoise des traumatisés crâniens du Québec (AQTC), qui dessert les populations de Montréal et de Laval depuis 1987. Elles parlent d’un organisme « merveilleux », avec lequel elles sont « tombées en amour » et qui leur offre des activités d’intégration et de loisir. Cette « source de secours » permet aussi, à elles et à leurs proches, de se réunir avec des gens qui ne les jugent pas ou auxquels ils n’ont pas besoin d’expliquer leur comportement.

« J’ai eu mon accident en 1984, mais j’ai connu l’AQTC qu’en 2010.  En écoutant ce que vivaient les autres, je me suis rendu compte que ce que je vivais depuis 25 ans, c’était à cause de mon TCC », se remémore Guy, qui joue le personnage principal d’une autre capsule.

À l’AQTC, le soutien des proches passe par des groupes de discussions, mais aussi par du répit, des rencontres individuelles, des ateliers, des conférences et d’autres services. C’est qu’ils en ont besoin, souligne le directeur général.

« Même après 20, 25 ans, certains proches n’ont pas fait leur deuil de la personne telle qu’ils la connaissaient avant le traumatisme crânien », mentionne Pierre Mitchell.

Les capsules vidéo du RATCCQ sont une production de les Marois. Elles ont bénéficié du soutien financier de la Fondation Martin Matte, ainsi que du Programme d’aide financière du Fonds de la sécurité routière. Il est possible de les visionner sur la page Facebook de la 14e Semaine québécoise du traumatisme craniocérébral, qui aura lieu du 14 au 21 octobre prochain.