Mardi, 5 Juin, 2018 - 09:48

Pour une deuxième année de suite, l’Open international multisports de l’Association de développement des arts martiaux adaptés (ADAMA) s’est tenu au Complexe récréatif Gadbois, à Montréal. Sylia Kacel, athlète en judo adapté et ayant une déficience visuelle, a chanté l'hymne national au début de la compétition sous les yeux bienveillants de son instructeur, Maître Mohamed Soualmia.

 En plus des quatre disciplines adaptées présentées lors de l’édition 2017, soit le karaté, le judo, le jiu-jitsu brésilien et la boxe, le taekwondo et l’aïkido étaient aussi au programme de la journée grâce à deux nouveaux clubs membres qui se sont joint récemment à la grande famille ADAMA, comptant aujourd'hui, 17 dojos affiliés et près de 1200 membres individuels.

ADAMA a rassemblé près de 200 participants lors de sa compétition multisports en provenance du Québec et d'autres provinces canadiennes.

Quatre délégations venant du Maroc, de Belgique, des Pays-Bas et du Brésil ont également fait partie de cette joute internationale regroupant des athlètes avec des besoins particuliers.

« C’était une compétition exceptionnelle ! Aujourd'hui on a réussi à atteindre notre défi et faire en sorte que tous les participants soient motivés et heureux à la fin de la journée. Pour nous, chaque participant qui s’est présenté, malgré ses défis cognitifs et moteurs, a réussi », a commenté l’organisateur de l’événement et président fondateur d’ADAMA, Mohamed Jelassi, qui prône l’importance d’offrir des défis adaptés aux besoins des participants tout en favorisant leur estime de soi et une meilleure reconnaissance de leurs efforts.

« Les juges présents avaient un seul rôle, celui d'encourager les jeunes participants avec une pancarte sur laquelle il était écrit bravo champion ou bravo championne. Nos participants sont souvent victimes de préjugés et ils n'ont pas besoin d'être jugés lors de notre compétition », a-t-il poursuivi.

« Les compétitions ont habituellement comme objectif de trouver un champion. Notre concept est de faire de chaque participant un champion en le mettant en valeur et en l'encourageant à découvrir les qualités du champion en lui telles que la persévérance, le courage, la résilience et le respect d'autrui. Nous donnons beaucoup d'importance à l'inclusion sociale et au droit à l'accessibilité universelle. »

« Dans les arts martiaux, on n’entraîne pas seulement le corps, on entraîne aussi le cœur. Et quand le cœur est là, tout est possible et on a des personnes qui n’abandonneront jamais, peu importe le défi ! Ainsi, le slogan de nos membres lors de nos entraînements est: on ne lâche pas la patate ! »

Le sport : un tremplin vers une meilleure qualité de vie

La moitié des participants prenaient part à une compétition sportive pour une première fois.

M. André Langevin, fondateur de Autisme Karaté et vice-président d’ADAMA, souligne le soutien inconditionnel reçu de la part des parents et des bénévoles, tels que Mme Louise Provencher, entraîneuse-chef de l'ASM et vice-présidente d’ADAMA, qui ont fait en sorte que cette compétition soit un franc succès.

Mme Miruna Nica, coordonnatrice à l’Association multiethnique pour l’intégration des personnes handicapées, affirme que les 10 karatékas qui s’entraînent à son organisme, membre d’ADAMA, seront de retour l’an prochain.

« Nous sommes fiers d’avoir eu cette belle journée! L’accessibilité à la compétition est exceptionnelle. Nos participants pratiquent le karaté depuis seulement six mois, à raison de deux heures par semaine, et nous avons pu constater que leur estime de soi est en croissance, tout comme leur concentration. Ce sport apporte beaucoup de bienfaits et nous allons essayer d’offrir aux étudiants deux cours par semaine. »

Marcio Cassab Lacerda, entraîneur de ce groupe, croit que ses protégés peuvent aller encore plus loin. « Avec deux séances par semaine, on pourra améliorer l’apprentissage des élèves. ».

L’Ontarienne Patricia Wright, championne du monde de parakaraté en 2017, s’est dite satisfaite de sa prestation en kata.

« J’aime revenir ici, car mes amis sont présents et l'ambiance est toujours familiale chez ADAMA », a avancé celle qui sera aux Championnats panaméricains le mois prochain, au Chili.

Le Belge Eric Bortels, fondateur et directeur technique de l’IKF (Inclusive Karate Federation), était présent à Montréal afin de consolider un partenariat avec ADAMA qui représente aujourd'hui la plus grande association en arts martiaux adaptés en Amérique.

Des invités d'honneur lors de l'évènement

Plusieurs dignitaires sont venus pour supporter cet événement dont le maire de l'arrondissement M. Benoit Dorais, le coordonnateur technique de Judo Québec, M. Patrick Vésin, le directeur général de Parasport Québec, M. Francis Ménard, le conseiller de ville à Montréal Nord, M. Abdelhak Sari, et le directeur général de la maison ADRIANNA, M. Reynald Leboeuf.

À propos d’ADAMA

L'association de développement des arts martiaux adaptés (ADAMA) est une association fondée le 9 mars 2012 dans le but de promouvoir l'inclusion des personnes avec des besoins spécifiques par le biais des arts martiaux adaptés, en particulier les jeunes avec un TSA, DI et également ceux avec une limitation physique.

ADAMA est une association qui vise également à soutenir les différents clubs d'arts martiaux qui veulent inclure des personnes avec un TSA, une DI ou une limitation physique, en offrant conseil et soutien dans leurs démarches. ADAMA s'engage à former leurs entraîneurs, les outiller et les certifier afin que cette nouvelle activité dans leurs clubs soit une réussite.

Notre vision des arts martiaux adaptés couvre trois volets essentiels : santé, sécurité et social.