Jeudi, 25 Octobre, 2018 - 08:38

Depuis 5 ans, des personnes sourdes et malentendantes provenant de Montréal ou d’ailleurs ont plus facilement accès à différents services, grâce à un bibliothécaire médiateur qui utilise la langue des signes québécoise (LSQ).

Seul bibliothécaire sourd à Montréal, Marc-André Bernier assume les tâches habituelles de la profession à la bibliothèque Le Prévost, située dans l’arrondissement Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension.

Toutefois, il peut aussi répondre aux questions des usagers en LSQ, animer des activités et faire connaître les services de son employeur en divers endroits clés.

« Avant mon embauche, les bibliothécaires et aides-bibliothécaires n’étaient pas capables d’aider la communauté sourde lorsque ces membres avaient besoin de réponses à leurs questions, de documents ou quoi que ce soit », raconte-t-il par le biais d’une interprète.

« Alors moi, en étant utilisateur de la LSQ, ça me permet vraiment d’offrir les services dans leur langue, et ça, c’est très apprécié », ajoute celui qui, en plus d’être bibliothécaire, enseigne à l’École secondaire Lucien-Pagé. 

Intégrer

Marc-André renseigne régulièrement des locuteurs de la LSQ au sujet des services généraux du réseau des bibliothèques.

Parfois, il a aussi recours à des interprètes en vue de conférences portant, par exemple, sur le droit du logement, le budget ou les finances personnelles.

En outre, une fois par mois, il fait venir une interprète LSQ lors de l’« Heure du conte », afin que des élèves de l’école Gadbois puissent se faire raconter des histoires à la bibliothèque.

« Notre objectif n’est pas de séparer les personnes sourdes et les personnes entendantes, mais bien d’offrir une intégration », fait-il valoir.

Activités externes

Lorsqu’il travaille hors des murs de la bibliothèque, Marc-André se rend à divers endroits clés de l’arrondissement, afin de présenter les services qu’offre son lieu de travail aux personnes en situation de handicap auditif.

Il collabore aussi à des initiatives comme L’Alphabet des gourmets, un « abécédaire culinaire », un projet financé par le Secrétariat à la politique linguistique et visant à encourager l’alphabétisation, le développement du vocabulaire et la formulation de phrases simples chez les personnes sourdes.

Demandes interne et externe

Aujourd’hui, Marc-André dessert bon nombre de personnes sourdes ou malentendantes venant de l’arrondissement, mais également de l’extérieur de celui-ci, indique la « patronne » du bibliothécaire.

« Nous sommes ouverts à offrir des services à des personnes qui n’habitent pas nécessairement Montréal. Il n’y a pas d’autres bibliothécaires sourds au Québec, alors c’est certain que nous désirons ouvrir à tous », raisonne la chef de section Andréane Leclerc.

Au début, le poste de Marc-André avait été créé en réponse à la demande locale.

Avec la Maison des Sourds, le Centre de Loisirs des Sourds de Montréal, les élèves de l’école spécialisée Gadbois, les élèves sourds de l’école Lucien-Pagé, ainsi que l’ancienne Institution des Sourds-Muets, Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension possède une forte concentration de personnes ayant une déficience auditive.

En constatant les difficultés de la bibliothèque à rejoindre ces personnes et en voyant les atouts de Marc-André, les responsables ont décidé d’embaucher le détenteur d’une maîtrise en bibliothéconomie et sciences de l’information.

« Nous avions d’abord affiché un poste de bibliothécaire. Quand Marc-André a postulé, je ne savais pas qu’il était sourd et j’ai été surprise de le voir arriver à son entrevue d’embauche avec une interprète. J’ai tout de suite pensé que c’était l’occasion idéale », se souvient Andréane.

Marc-André travaille à la bibliothèque Le Prévost les mercredis de 13 h à 20 h.