Jeudi, 23 Août, 2018 - 15:03

L’été tire à sa fin et l’automne arrive à grands pas. Qui dit automne, dit randonnées en nature pour admirer le magnifique spectacle de couleurs que nous offre la forêt québécoise.

Pour les personnes ayant une limitation fonctionnelle, cette activité peut sembler hors de portée. En effet, il est parfois difficile de s’aventurer hors des sentiers plats et bien entretenus quand on a des difficultés liées à la mobilité. Même si certains parcs possèdent des infrastructures bien conçues et accessibles, pourquoi être obligé de retourner systématiquement à ces endroits précis? Pourquoi tout le monde ne pourrait pas pratiquer une randonnée en plein-air, peu importe le lieu?

En collaboration avec l’Association québécoise pour le loisir des personnes handicapées (AQLPH), Kéroul a publié en 2018 le guide « Le plein air pour tous ». Ce dernier est une importante source d’information sur le matériel et les bonnes pratiques en matière de plein-air adapté. Il se veut également une référence importante pour les gestionnaires, les organisations et les municipalités qui désirent élaborer des infrastructures ou des activités de plein air inclusives.

De plus, l’AQLPH effectue présentement une « grande tournée plein-air accessible » qui les amène dans différentes régions du Québec. Et ce, pour permettre aux intéressés de découvrir plusieurs types de matériel adapté.

Pour permettre aux personnes à mobilité réduite de profiter davantage de la nature, plusieurs types d’appareils tout-terrain ont été conçus. En plus de la Joëlette et du TrailRider, les plus connus, le Dahü et la Becasine peuvent être des options alternatives pour permettre à tous de se mouvoir aisément.

La Joëlette

Originaire d’Europe, cet appareil est surtout recommandé pour des personnes ayant un faible tonus musculaire ou un niveau d’endurance réduit. Sur son siège placé bien droit sont installées deux longues poignées à l’avant et deux autres à l’arrière. Celles-ci permettent à des accompagnateurs de se positionner autour pour manœuvrer le fauteuil pendant l’excursion. Le tout est monté sur une seule roue, ce qui permet au véhicule de demeurer en contact avec le sol pendant les déplacements, tout en étant facilement manœuvrable sur un terrain accidenté.

Sa conduite, assez complexe, nécessite un minimum de trois accompagnateurs. La personne à l’arrière doit contrôler l’équilibre et les freins, alors que la personne à l’avant dirige l’appareil et tire pendant les montées. Le troisième accompagnateur, attaché à l’avant à l’aide d’une corde au niveau de ses hanches, peut aider à la traction pendant les ascensions. Selon les conditions du terrain, jusqu’à cinq accompagnateurs peuvent être nécessaires pour gérer le système.

Alors que le modèle classique n’en comporte qu’une seule, un modèle à deux roues facilite grandement son utilisation sur une surface plane. Optionnelle, l’assistance électrique peut quant à elle être fort utile pour soulager les accompagnateurs pendant de longs trajets ou lors de l’ascension de pentes abruptes. Plusieurs accessoires sont aussi disponibles pour répondre aux différents besoins des utilisateurs.

Le TrailRider

Disponible majoritairement en Amérique du Nord, en Australie et en Nouvelle-Zélande, le TrailRider est conçu selon le même principe que la Joëlette. Un siège relié à des barres d’appui est supporté par une seule roue. La position des barres d’appui étant cependant différente, le fauteuil est très incliné pendant les déplacements. Les barres avant sont aussi plus longues et le siège est placé plus près du sol. Enfin, contrairement à la Joëlette, il n’est pas équipé d’un système de suspension.

Cette configuration le rend moins confortable que son pendant européen. Plus facile à manœuvrer (seulement 2 accompagnateurs sont requis), il permet d’emprunter des chemins plus accidentés. Certaines personnes l’ont même utilisé pour se rendre au sommet du Kilimandjaro[1]!

Le Dahü

Le Dahü est un appareil de conception québécoise. Plus compact que la Joëlette ou le TrailRider, il a été conçu spécifiquement pour des excursions en montagne. L’appareil est monté sur deux roues qui ont chacune une suspension indépendante, permettant de négocier plus facilement les racines et les roches se trouvant sur le parcours. Le positionnement stratégique des poignées a été pensé pour que les accompagnateurs puissent courir sans prendre appui sur la chaise.

La Becasine

La Becasine se distingue des autres appareils. Alors que les trois équipements précédemment cités ont été élaborés pour les terrains accidentés, la Becasine a été créée pour les chemins plats. Elle peut être utilisée dans le cadre de courses à pied ou de marathons, par exemple. Sur une surface dure, une seule personne peut facilement pousser l’appareil. Mais au besoin quatre accompagnateurs peuvent également le faire. Un siège bien droit est monté sur deux roues, et supporté par deux grandes tiges de bois placées de chaque côté. Le tout se démonte et s’assemble aisément. Légère, confortable, facile à transporter, la Becasine est plus abordable que les autres appareils.

Des avantages physiques et psychologiques

En plus des bienfaits liés à la pratique d’une activité physique, les promenades en nature ont des vertus psychologiques, notamment la diminution du stress; le bien-être personnel lié à l’adoption de saines habitudes de vie; le développement d’une conscience environnementale; ou tout simplement la sensation d’inclusion sociale grâce à la participation à une activité avec des amis, des membres de sa famille ou des collègues randonneurs[2].

Au-delà de promouvoir l’accès à des activités de plein-air pour les personnes à mobilité réduite, ces appareils contribuent au bien-être psychologique d’une partie considérable de la population. De plus amples informations concernant le guide sont disponibles ici.

 

 

[2] Chaire de tourisme Transat ESG UQAM (2017) Étude des clientèles, des lieux de pratique et des retombées économiques et sociales des activités physiques de plein air, page 183