Jeudi, 20 Septembre, 2018 - 09:58

Il sera bientôt l’heure, le 1er octobre prochain, de décider du prochain gouvernement provincial. Avec les écueils qui perdurent 40 ans après l’adoption de la Loi assurant l’exercice des droits des personnes handicapées, voilà une nouvelle occasion pour les personnes ayant une limitation fonctionnelle, les parents, les proches aidants et les gens du milieu communautaire de faire valoir leurs intérêts.

La Confédération des organismes de personnes handicapées du Québec (COPHAN) a organisé une soirée pré-électorale le 10 septembre dernier, à Montréal. L’événement a permis à des représentants de plusieurs organismes de découvrir les idées des quatre principaux partis qui briguent les suffrages dans la présente campagne électorale. Animé par Luc Fortin de Canal M et Claude Guimond, directeur général de la COPHAN, le panel de la soirée réunissait : Lucie Charlebois (candidate pour le Parti libéral et ministre déléguée à la Réadaptation, à la Protection de la jeunesse, à la Santé publique et aux Saines habitudes de vie), Marilyne Picard (candidate pour la Coalition Avenir Québec), Carole Poirier (candidate pour le Parti québécois) et Benoit Racette (candidat pour Québec solidaire). La soirée pré-électorale de la COPHAN est disponible en format audio ou sur Youtube traduit en langue des signes québécoise (LSQ).

Même si l’exercice n’a pas permis d’aborder la question des sports, des loisirs et de la culture, les échanges se sont avérés fort intéressants.

Une loi … mais pas une finalité en soi!

La Loi assurant l’exercice des droits des personnes handicapées a été adoptée par l’ensemble des députés de l’Assemblée nationale en juin 1978 à la suite du constat d’une marginalisation trop grande d’une partie importante de la population québécoise. Aujourd’hui, les Québécois et les Québécoises ayant une limitation fonctionnelle connaissent une certaine intégration, mais nous sommes encore loin de l’accessibilité universelle – tant pour les programmes et services, les infrastructures que les attitudes – et de l’inclusion souhaitée. Les enjeux qui touchent les personnes handicapées abondent… de même que les propositions des partis politiques !

Le 10 septembre, les représentants des organismes présents ont constaté, par exemple, que devant les lacunes du soutien à domicile et de l’accès aux soins de santé et services sociaux, des partis parlent d’assigner des patients aux médecins. D’autres, de donner plus d’autonomie aux autres professionnels de la santé, de former plus d’infirmières spécialisées, d’augmenter le soutien à domicile ou de recourir davantage aux CLSC.

Afin de répondre aux difficultés d’intégration et de maintien en emploi, ainsi qu’à la précarité financière, les partis proposent d’investir davantage dans le programme de contrat d’intégration au travail, ou d’instaurer une sorte de revenu minimum garanti.

Pour accélérer la marche vers l’accessibilité universelle des infrastructures et des technologies numériques, le parti jusqu’ici au pouvoir mentionne ses réalisations, comme la modification du Code du bâtiment, tandis que l’opposition évoque l’idée, voire la nécessité, d’une loi contraignante. Un parti prône aussi la reconnaissance officielle de la langue des signes québécoise.

Mais ce n’est pas tout. Les préoccupations comprennent aussi les difficultés d’obtenir de l’accompagnement, les faibles taux de réussite éducative des personnes handicapées, l’asynchronisme du transport adapté entre les régions, le soutien à la conciliation famille-travail, la pénalité critiquée imposée à certains bénéficiaires de la rente d’invalidité, le manque de représentation dans les institutions et j’en passe.

Le milieu est actif!

Des organismes du milieu se mobilisent dans le cadre de la présente campagne électorale. L’Association du Québec pour enfants avec problèmes auditifs (AQEPA) par exemple, a préparé un document qui regroupe ses revendications, ainsi qu’un autre qui compare les engagements électoraux. Le Regroupement des organismes de promotion de personnes handicapées de Laval (ROPPHL) a préparé une plateforme de demandes communes. La Table de concertation des aînés de Montréal a aussi organisé, en collaboration avec la Coalition pour le maintien dans la communauté, un débat qui peut être visionné sur leur page Facebook.

Il reste une dizaine de jours avant le 1er octobre. Les citoyens sont en droit de savoir ce que les partis proposent pour l’amélioration de leurs conditions de vie.

C’est pourquoi je vous invite, plus que jamais, à vous renseigner sur les engagements électoraux qui concernent les personnes ayant une limitation fonctionnelle et les organismes qui leur offrent des services. Communiquez avec les candidats de votre circonscription, prenez connaissance des engagements des différents partis et tentez de déterminer lequel offre le projet de société le plus susceptible de faire place à l’accessibilité universelle et à l’inclusion sociale.

Et surtout, il est important de se prémunir en grand nombre de notre droit de vote.

Monique Lefebvre, C.S.M.
directrice générale

 

Sur la photo : (De gauche à droite) Marilyne Picard, Carole Poirier, Luc Fortin, Claude Guimond, Lucie Charlebois et Benoit Racette participent à une soirée pré-électorale organisée, le 10 septembre 2018, par la Confédération des organismes de personnes handicapées du Québec, au Centre Saint-Pierre à Montréal.