Jeudi, 21 Mars, 2019 - 14:53

L’actualité des derniers mois a mis en lumière le problème épineux des agressions sexuelles et du harcèlement dans les milieux sportifs. Il s’agit d’un enjeu que nous devons prendre de front pour le bien-être des personnes que nos organismes desservent. Heureusement, plusieurs outils sont à notre disposition.

Le 10 février dernier, une enquête de CBC révélait qu’un nombre inquiétant d’entraîneurs de jeunes athlètes ont été accusés de délits sexuels envers des mineurs au cours des 20 dernières années.

La nouvelle a suscité de nombreuses réactions. Plusieurs instances, dont le gouvernement du Canadacelui du Québec, les comités olympique et paralympique, ainsi que l’Association des entraîneurs canadiens ont reconnu l’existence du problème et souligné leurs efforts pour le contrer.
 

RISQUE ACCRU

Les agressions sexuelles et le harcèlement concernent certes le milieu du sport, mais également celui du loisir et de la culture.

Les personnes ayant une limitation fonctionnelle sont particulièrement à risque d’agression sexuelle. 2 à 4 fois plus à risque que des personnes sans limitation fonctionnelle, selon des données de l’« Enquête sociale générale 2004 » de Statistique Canada.
 

EXIGENCES

Pour être reconnus par le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur (MEES), les organismes de sport et de loisir doivent se soumettre à certaines exigences relatives à la prévention de l’abus et du harcèlement.

Qui plus est, les fédérations sportives ont des obligations qui sont inscrites dans le Programme de reconnaissance des fédérations sportives du Québec.

Pour leur part, les organismes non reconnus par le MEES ont la responsabilité de se doter de politique visant à prévenir toute forme de violence. La Direction de la sécurité dans le loisir et le sport les invite fortement à le faire et se montre prête à les accompagner dans cette démarche. Il suffit de la joindre au 1-800 567-7902 ou par courriel à promotionsecurite@education.gouv.qc.ca.

J’incite par ailleurs tous les organismes à faire comme AlterGo et près de 400 autres organisations, soit adhérer à l’« Avis sur l’éthique en loisir et en sport » du MEES.
 

RESPONSABILITÉ

Selon le site web du MEES, tout organisme actif auprès des enfants a la responsabilité sociale 

  • d’assurer leur sécurité et leur bien-être,
  • de prendre des mesures raisonnables pour les protéger
  • de s’assurer que les personnes qui entrent en contact avec eux ne soient pas un danger pour eux.

Des mesures doivent être instaurées par un organisme pour créer un environnement sécuritaire et dissuader les agresseurs. Je vous encourage à en prendre connaissance sur le site web du MEES.

AlterGo, par exemple, a adopté une politique anti-harcèlement en novembre dernier. Depuis lors, une copie de cette « Politique pour prévenir et contrer le harcèlement au travail et promouvoir la civilité » est remise à tous les employés.

Défi sportif AlterGo a de surcroît une procédure de gestion des situations de harcèlement et d’abus. Qui plus est, le Guide du bénévole du Défi sportif AlterGo mentionne les droits et responsabilités d’un bénévole, l’engagement de l’organisation, les formes d’abus, les fautes, le principe de gradation des sanctions et la marche à suivre en cas de situation problématique.

OUTILS

En tant qu’organismes – reconnus ou non par le MEES – ayant à cœur l’inclusion, nous disposons de plusieurs outils pour nous aider à offrir un environnement sécuritaire à nos participants :

Ainsi, au-delà de nos obligations et de nos responsabilités légales, nos organismes doivent s’engager à mettre en place les mesures nécessaires pour offrir un environnement sécuritaire à leurs membres et leurs participants. AlterGo l’a fait, et nous espérons que cet article vous convaincra d’en faire autant, en vous fournissant les ressources nécessaires pour y arriver.

Elsa Lavigne
directrice générale d’AlterGo